Axes de recherche

 

 
Axe 1 - Gouvernance, institutions, représentation

 

Responsables : Céline THIRIOT (LAM/IEP) - Frédéric LE MARCIS (LAM/Université Bordeaux 2)

 

Le politique dans les Afriques (comme dans les pays du Sud), et notamment dans ce qu'on appelle les États fragiles s'inscrit dans une continuité, fortement instrumentalisée par l'ensemble des catégories d'acteurs qui y interviennent, des dynamiques internes et externes. Il faut le saisir dans l'entrelacs des espaces, arènes et forums nationaux et internationaux qui caractérise le monde de la globalisation – souligné dans les travaux de sociologie politique comme de relations internationales.

Cette imbrication des contextes historiques particuliers et des enjeux, normes, référents et modèles de comportements et d'actions transnationaux, façonne les trajectoires de fabrication de l'institution et du citoyen dans ces États fragiles. Les modalités du politique y sont marquées par des décalages et ruptures et sont fortement instrumentalisées entre les dispositifs externes internalisés (la configuration des systèmes normatifs et de gouvernance selon des référents produits à l'extérieur des sociétés) et les dispositifs internes externalisés (la configuration des systèmes normatifs et de gouvernance localement produits mais intégrant en partie variable les dispositifs extérieurs).

Pour cela, la perspective théorique emprunte ici à deux paradigmes assez différents pour les relire à l'aune de ce qu'on appelle « l'approche par le bas ».
•  d'une part à un ensemble de travaux portant tant sur le Sud que sur le Nord interrogeant le politique à travers la notion de gouvernementalité proposée par Foucault. Dans cette conception, la gouvernance consiste en une « conduite des conduites », c'est-à-dire se dévoile dans toutes les formes et relations de pouvoir qui orientent et mettent en forme les actions des autres.
•  d'autre part, en percevant l'individu comme un acteur à part entière, qui contribue autant à la production des cadres de l'action qu'il en est le produit (théorie de la double structuration chez Giddens)

Une telle approche permet de s'inscrire dans un ensemble de travaux sur les Afriques consacrés aux jeux d'acteurs sur les normes, leur production, les arbitrages auxquelles elles donnent lieu auprès d'acteurs confrontés à différents ordres normatifs, d'autre part elle permet de rompre avec la dichotomie « agency » / structure pour se polariser sur les processus de structuration en boucle qui font des citoyens les produits et les producteurs de la gouvernance.

Cet axe se propose donc, dans une optique multidisciplinaire associant historiens, politistes, anthropologues et juristes, d'étudier la fabrique des institutions et des citoyens dans ces États en développement. Il s'agit de décrypter les décalages et ruptures normatifs et institutionnels, de circonstancier leur insertion dans des dispositifs que leurs dynamiques particulières ne produisent pas mais dont leurs citoyens ou d'autres acteurs externes ne cessent de s'emparer. Etudier le politique dans ce type de configuration suppose de se concentrer non plus uniquement sur les dispositifs institutionnels ou sur les pratiques sociales « informelles » ou en marge du politique officiel, quasi marginales, mais bien sur les manières et les pratiques sociales qui expriment les effets d'incorporation que produisent les dispositifs existants et le rôle structurant des acteurs dans leur configuration. Deux principaux ordres de questionnements seront privilégiés.

 

 

 




 

 

 

 

 

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